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La fin des sites web : Google AMP etc.

Virginie Clève [café numérique]

Le web mobile est une révolution… qui n’est pas pensée avec les mêmes outils que pour l’internet bureau/domestique, y compris en matière de design. Le problème, économique en particulier, de ce web mobile c’est que le trafic passe majoritairement par les apps, lesquelles coûtent cher. Le web mobile créé de nouveaux usages et de nouvelles cibles. Le portrait-type est celui de personnes fans de votre service à tel point que 26% des apps installées sont utilisées tous les jours.

Autre phénomène croissant c’est celui de l’adblocking et de la recherche de zones free adblokers – comme par hasard les zones adblockers-free sont les GAFA qui ont d’ailleurs payé les services d’adblocking.

Google essaye de continuer à pousser Google AMP pour accélérer le chargement des pages html afin d’accélérer à son tour la navigation sur mobile tout en maintenant dans son giron les contenus hébergés (hébergement chez Google, interface de Google). AInsi, le NYT a capitulé et a abandonné son site mobile pour passer à seulement AMP. A noter que Google ne prend pas de commission sur les revenus publicitaires alors perçues via son système (pour l’instant).

Une techno qui se répand

La technologie étant opensource, Pinterest, Linkedin, Twitter et Medium qui s’y sont également mis. AMP est pas seulement pensé pour les sites de contenu et tend à devenir optimisée également pour les sites marchands, promettant des lendemains qui chantent.

Difficultés

La monétisation est encore balbutiante car il y a pour le moment peu d’audience, pas de data first party pour le ciblage et touts les formats de pub ne sont pas acceptés par gogole (header biding). Facebook Instant Article est un service similaire en gardant les articles dans son environnement les internautes et le contenu (sans en être propriétaire non plus) mais à la différence d’AMP il propose des formats riches (panorama qui défilent, zoom, etc.). Facebook promet plus de clics, taux d’abandon moins important, des analytics plus précis et plus de partage.

Pire ou mieux : Google Podium

Google Podium est un Google AMP où les articles sont écrits directement dans le style d’AMP mais on reste dans le principe du corner de marque, du podium. Pourquoi s’embêter à avoir un site web pour un influenceur ? Google Podium permet de faire des articles de manière très simples, dispo dans Google tout de suite, sans faire appel à une autre technique qu’un clavier (mais avec une personnalisation réduite à peau de chagrin, heureusement pour les développeurs). Les médias de ces influenceurs vont directement dans YouTube. Ces influenceurs sont très recherchés par les marques et ces mêmes influenceurs ont tout intérêt à pas s’embêter à payer quelqu’un pour maintenir la sécurité, la SEO et le contenu annexe d’un site.

Les autres

LinkedIn Pulse

C’est un site pour partager au sein de la plateforme du contenu business qui envoie une notification aux contacts sur le main site de LinkedIn.

Medium

Semblable à LinkedIn Pulse, Medium a créé une plateforme pour les éditeurs. Medium se charge de gérer toute la partie technique au sein de sa plateforme (la belle interface, l’audience, etc.). Le problème c’est encore une fois que la monétisation est difficile.

Snapchat Discover

Les résultats en terme de visite sont très bons mais ils prélèvent 50% des revenus et vont sûrement changer de modèle économique en achetant les contenus produits par les marques.

Tendances

Les contenus vidéos non seulement se développent mais sont devenus des éléments centraux du partage. Ils sont nécessaires pour que le contenu soit partagé au sein d’un réseau social (Brut et ses sous-titres).

Les autres médiums en train de se développer sont : * les VOD * les podcast (404, Transfer, etc.) * les bots (par sms comme Jam ou par la réservation d’un rdv de coiffure par exemple)

Quelle stratégie adopter en conséquence ?

Tous ces nouveaux carrefours d’audience sont à saisir pour avoir de meilleurs résultats. La problématique des GAFA reste la même : c’est une chose efficace à court-terme mais on construit sur le terrain d’un autre dont on peut être captif. En outre, la captation par les réseaux sociaux des contenus en son sein fait que la marque a tendance à être effacée dans le flux des consommations de l’internaute (« j’ai cliqué sur ce lien sur facebook sur les chats mais j’ai oublié si ça venait de theAtlantic ou de Buzzfeed »). La voie de sortie serait d ’être dépendant de tous ces carrefours pour n’être dépendant d’aucun. Le site internet peut-être ne disparaîtra pas mais il ne sera plus qu’un canal parmi d’autres plus importants que lui au niveau diffusion. Il joue alors le rôle de hub ou de pôle de sauvegarde concentrant toutes les activités habituellement dispersées sur les plateformes de publication de contenu.